Au Burundi, comme dans d’autres pays africains sub-sahariens, le paludisme reste la première cause de morbidité et de mortalité, les groupes les plus touchés étant celui des enfants de moins de 5 ans et celui des femmes enceintes.

 

Les interventions de A.LU.MA-Burundi cadrent bien avec les deux axes d’intervention reconnus par le protocole national de lutte contre le paludisme, à savoir la prévention et la prise en charge correcte des cas.

Au cours de cette année, et grâce aux appuis de ses partenaires habituels et nouveaux, A.LU.MA-Burundi a pu réaliser quelques activités qui s’inscrivent dans ces deux axes d’intervention.

En matière de prévention, l’Association a bénéficié d’un don de 24.293.700 Fbu de la part du Fonds Mondial de Lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme, don qui lui a permis d’organiser des ateliers de renforcement des capacités du personnel du Centre anti-malaria, au profit de 11 employés du Centre,  d’organiser des campagnes de sensibilisation du public à la lutte contre le paludisme. Le 25 Avril, Journée Mondiale de Lutte contre le Paludisme, il a été organisé une course à moto à partir du Centre anti-malaria St François d’Assise situé dans la commune de Kamenge jusqu’au Jardin Public, au centre de la Ville de Bujumbura, dans la commune urbaine de Rohero. Du 05 au 19.11.2009, il a été organisé une campagne de sensibilisation à travers les 13 communes de la Mairie de Bujumbura au moyen d’un véhicule équipé de lance-voix, et a fait entendre les différents spots réalisés, dont les messages importants portaient sur la transmission de la maladie par le vecteur qu’est le moustique anophèle, la prise en charge correcte des cas, les moyens de prévention du paludisme, à savoir l’utilisation de la moustiquaire imprégnée d’insecticides et la lutte anti-vectorielle par l’assainissement du milieu environnant.

Il convient de souligner que les ateliers de formation ont été réalisés grâce à un appui technique du nouveau Programme National Intégré de Lutte contre le Paludisme (PNILP) qui a été mis en place en Janvier 2009. Le plaidoyer mené en 2008 avait porté sur la nécessité de doter le pays d’un Programme National de Lutte contre le Paludisme pour traduire la volonté du Gouvernement de travailler à l’éradication du paludisme, une structure qui devrait avoir la mission première de mettre en place des stratégies efficaces de lutte contre le paludisme et de coordination de toutes les interventions dans le domaine.

Comme déjà dit dans les rapports précédents, les financements de l’Ambassade de France et de l’ONUB intervenus en 2006 ont permis au Centre de disposer d’une salle de réunion et d’un équipement suffisant (tables, chaises, matériel de sonorisation…) pour l’organisation des ateliers de formation sur place, donnant ainsi au Centre une autonomie dans son fonctionnement.

Evidemment, pour que le Centre puisse fonctionner normalement, il a besoin des appuis de plusieurs ordres : soutien moral,  financier, matériel et technique. Le Centre a fonctionné donc grâce au dévouement des organisations et personnes physiques qui partagent la même conviction avec A.LU.MA-Burundi, que le Centre peut contribuer à l’amélioration des conditions de vie des personnes aux faibles revenus. Ainsi, l’œuvre du Centre anti-malaria St François d’Assise est un signe éloquent d’une authentique solidarité internationale et multiculturelle agissante.

De façon exceptionnelle, l’année 2009 aura été marquée par un remarquable don de la Fondation Papale qui couvrira les rémunérations du personnel pour l’exercice 2010, et l’acquisition de deux véhicules :

  •     un minibus, un don de l’Association britannique  SURVIVE-MIVA (Liverpool, U K),
  •     une double cabine  donnée par le Programme Paludisme du Fonds Mondial de Lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme.

Ces moyens de déplacement ont permis l’amélioration des services offerts par le Centre, notamment en opérant des transferts des cas graves vers l’hôpital militaire de Bujumbura où les patients y  transférés sont accueillis avec urgence, le déplacement des cas graves vers leurs domiciles. Les employés habitant loin du Centre sont déplacés jusqu’au centre ville, où ils peuvent prendre facilement les bus de transport en commun. Grâce à la disponibilité de ces véhicules, les services d’approvisionnement se font aisément, alors qu’avant on devait recourir au vélo ou aux taxis. Ces moyens permettent aujourd’hui de mieux organiser le travail du Centre.

0.2.    Remerciements adressés aux partenaires.

En référence à ce qui est dit plus haut, et en guise de remerciements, nous voudrions donc exprimer notre profonde gratitude à l’endroit :

  • Du Président de la Fondation Papale, le Cardinal  Anthony Bevilacqua (222 North Seventeenth Street, PHILADELPHIA, PA 1910, USA) qui a accordé en juillet 2009 un don destiné à couvrir  les charges salariales du personnel pour le deuxième semestre 2009 et l’exercice 2010. Il convient de souligner que c’est la même Fondation qui  depuis l’ouverture du Centre anti-malaria St François d’Assise en avril 2004  assure la prise en charge des salaires du personnel. Ce don constitue le nœud le plus important dans la vie du Centre, une aide sans laquelle le Centre ne pourrait pas fonctionner. La Fondation reste jusqu’aujourd’hui le seul partenaire qui accepte de prendre en charge les rémunérations du personnel. Que l’Eternel soit loué pour cette œuvre du Saint Père qui permet de sauver des vies humaines, des personnes aux faibles revenus.
  • De la Nonciature Apostolique au Burundi qui reste l’interlocuteur de A.LU.MA-Burundi auprès du Saint Siège et de la Fondation Papale. Nos remerciements s’adressent à l’ancien Nonce Apostolique, Mgr Paul Richard Gallagher, pour son permanent soutien au Centre anti-malaria. En plus de son rôle clé d’intermédiaire entre la Fondation Papale et A.LU.MA-Burundi, il a accordé au Centre un don de 1.800.000 Fbu (environ 1.800 $ US) qui a permis d’accueillir gratuitement 6.000 enfants de moins de 5 ans.
  •  De l’Ambassade de France au Burundi, qui, par son important financement a doté le Centre d’une infrastructure solide qui permet de garantir aux patients de meilleures conditions d’accueil.
  •  De la Direction de l’Association britannique SURVIVE-MIVA pour son précieux don qui a permis à A.LU.MA-Burundi de s’acheter un véhicule qui rend énormément des services au Centre, et ce au profit des patients qui visitent le Centre. Nous en profitons pour exprimer nos remerciements à Mgr Evariste Ngoyagoye, Archevêque de Bujumbura, lui qui a accepté de signer  la recommandation adressée à SURVIVE-MIVA, en reconnaissance des actes de charité réalisés par l’association par le biais du Centre anti-malaria St François d’Assise. Nous n’oublions pas de remercier encore une fois l’ancien Nonce Apostolique au Burundi, Mgr Paul Richard Gallagher qui  a établi le lien entre SURVIVE-MIVA et A.LU.MA-Burundi.
  • De la Direction Générale de l’Organisme allemand Action Medeor qui a soutenu l’Association A.LU.MA-Burundi depuis sa création en lui accordant des aides variées, en médicaments et en matériels d’équipement, et qui continue à l’appuyer. En plus de cet appui matériel, cet organisme, premier partenaire de A.LU.MA-Burundi fait la publicité de A.LU.MA-Burundi, et abrite le compte médicaments sur lequel transitent les sponsors des particuliers.
  • Du Fonds Mondial de Lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme pour son appui multiforme : matériels de laboratoire, médicaments (la molécule artésunate/amodiaquine), appui financier pour la réalisation de certaines activités, telles que signalées plus haut. Ce partenariat s’est renforcé au cours de l’année 2009 par la signature d’une convention par laquelle le Programme Paludisme du Fonds Mondial a mis à la disposition de A.LU.MA-Burundi un véhicule de marque TOYOTA HILUX, Type Camionnette 4x4 pour une période de 3 ans.
  • Du Ministère de la Santé Publique qui associe A.LU.MA-Burundi dans ses  initiatives de lutte contre le paludisme en tant que partenaire.A.LU.MA-Burundi est membre du CCM/Burundi, Comité de Coordination des Programmes du Fonds Mondial.
  • De la Direction de la Brasserie du Burundi (BRARUDI) qui a accepté de mettre à la disposition du Centre un matériel pour son kiosque de limonades approvisionné par ses services, lequel kiosque génère quelques revenus pour le fonctionnement du Centre.
  • De Monsieur Jiwani Shafiq, Directeur de Alsafa (import-export) qui a continué à fournir  toutes les quantités du médicament Paracétamol cés 500 mg dont a besoin le Centre. Notons que cela dure depuis Novembre 2005.
  • De la Famille Keicher et de la paroisse St Nicolas de Gundelsheim en Allemagne, des amis de Bonn et de Moenchengladbach (Allemagne) pour leur soutien moral et leurs services de traduction.
  • De la Famille Lavoie du Canada pour son don de 500.000 Fbu (environs 500 $US) qui a permis de soigner gratuitement 660 enfants de moins de 5 ans.
  • De la Direction Générale de Société Toyota Burundi pour son don de 1.500.000 Fbu (1.500 $US) qui a permis de soigner gratuitement 5.000 enfants de moins de 5ans.
  • De Mme Isabel Macia de Mallorca (  Iles Baléares- Espagne) avec ses amis de l’Association ABFIS pour le don de médicaments et d’une imprimante accordés au Centre anti-malaria, lesquels dons permettent d’améliorer la qualité des services rendus aux patients qui visitent le Centre.
  • De la Communauté des Pères Schoenstatt de Mont Sion Gikungu pour son don constitué des boîtes de lait pour les enfants qui visitent le Centre et qui manifestent des signes de malnutrition.

Que tous ceux qui ont aidé d’une façon ou d’une autre A.LU.MA-Burundi à réaliser ses objectifs, trouvent ici l’expression de notre profonde gratitude. Chaque aide accordée sert à sauver une vie humaine, quand on sait que pour accéder aux soins de santé au Centre, une personne adulte doit donner une contribution de 400 Fbu, sauf pour les cas des indigents, pendant que la contribution des enfants de moins de 5 ans est de 300 Fbu.

Comme indiqué plus haut, les enfants de moins de 5 ans ont pu être soignés gratuitement grâce aux différents dons ci-haut mentionnés. Notre souhait serait que toutes les personnes qui visitent le Centre soient traitées gratuitement, ce qui suppose qu’il y ait des âmes généreuses qui payent la contribution due à leur place. Un don de 11.746.600 (environs 10.000$US) permettrait d’accueillir 29.366 personnes adultes  et 11.660 enfants de moins de 5 ans accueillis en 2009.

0.3. Des faits encourageants :

1.    La mise en place d’un Programme National De lutte contre le Paludisme.

Pendant ses campagnes de plaidoyer pour un engagement fort en matière de lutte contre le paludisme, A.LU.MA-Burundi n’a jamais cessé de réclamer la mise en place d’un Programme National de Lutte contre le Paludisme pour plus de coordination des intervenants dans le secteur, et œuvrer pour l’élimination du paludisme. En date du 13.01.2009, le Ministre de la Santé Publique a signé une ordonnance créant le Programme National Intégré de Lutte contre le Paludisme (PNILP). Evidemment, il faudra que le Gouvernement renforce les capacités de cette nouvelle structure pour qu’elle soit opérationnelle à la satisfaction de tous les intervenants, et devenir un Bénéficiaire Principal et gestionnaire direct des fonds du Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme, et décharger le Conseil National de Lutte contre le Sida (CNLS)  qui s’occupe principalement de la lutte contre la pandémie du Sida.

2.    Prise en charge gratuite des enfants de moins de 5 ans.

En 2007, une partie du don de la Paroisse St Nicolas de Gundelsheim avait permis de prendre en charge gratuitement 5.000 enfants de moins de 5 ans de décembre 2007 au mois de mai 2008.

Un don 500.000 Fbu (environs 500 $US) de la Famille Lavoie du Québec au Canada, un don de 1.800.000 Fbu (environ 1.800 $US) de la part du Nonce Apostolique, Mgr Paul R. Gallagher et un don de 1.500.000 Fbu (environs 1.500 $ US) ont permis de soigner gratuitement 11.660 enfants de moins de 5 ans au cours de l’exercice 2009. Notons que les enfants de moins de 5 ans sont soignés gratuitement dans les structures publiques depuis le mois de mai 2006. Le don de 1.500 $US de la Paroisse St Nicolas de Gundelsheim (Bade-Wurtemberg) avait permis d’accueillir gratuitement 5.000 enfants en 2008.
Cet acte de charité  a montré qu’il y a des parents qui ne parviennent pas à trouver les 300 Fbu de contribution, puisque le nombre des enfants de moins de 5 ans accueillis au Centre n’a fait que doubler.

         
 

Année

Nombre d’enfants accueillis

Nbre d’enfants, Goutte épaisse +

 
 

2006

7145

2846

 
 

2007

8289

2862

 
 

2008

5344

2499

 
 

2009

11269

5254

 
 

Total

32.047

13.461

 
         

3.    L’acquisition des moyens de déplacement.

Meme si A.LU.MA-Burundi n’a pas pu avoir une ambulance comme souhaitée initialement pour initier une clinique mobile, le Centre dispose de deux véhicules qui permettent son bon fonctionnement, surtout que les opérations de transfert des cas graves se font aisément. L’Association se réjouit ainsi de pouvoir contribuer à la réduction du taux de mortalité due au paludisme.

4.    Le Centre anti-malaria de plus en plus connu des bénéficiaires potentiels.

Grâce aux activités de sensibilisations par le biais des spots publicitaires et les manifestations publiques, beaucoup de patients nous affirment avoir connu l’existence du Centre après l’organisation d’une course de motards le 25 Avril 2009, célébration de la 1ère Journée Mondiale de Lutte contre le Paludisme, une course qui est part du Centre anti-malaria St François d’Assise situé à la jonction des communes de Kamenge et Kinama, et emprunté un des grands boulevards de la capitale, le Boulevard du 28 Novembre, jusqu’au Jardin Public situé dans la commune de Rohero.

Alors que le Centre avait accueilli  89 patients le vendredi 24.04.09, il en a accueilli 202, le lundi 27.04.2009.

Du 05 au 19.11.2009, il a été organisé une campagne de sensibilisation des habitants des 13 communes de la Ville de Bujumbura. En conséquence, les semaines qui ont suivi ont été marquées par l’augmentation du nombre des patients ayant visité le Centre.

0.4. Des contraintes rencontrées.

Avec l’introduction de la nouvelle combinaison de la molécule Artésunate/ Amodiquine en un seul comprimés au mois de juin 2009, le Centre a connu des ruptures de stock suite aux nouveaux circuits de réquisition comme les districts sanitaires mis en place par le Ministère de la Santé Publique pour une bonne gouvernance de ces produits. Les ruptures de stock les plus affreuses furent celles qui se sont produites au moment de la recrudescence de la malaria pendant les mois de novembre et décembre 2009, où on a accueilli régulièrement entre 200 et 300 patients par jour, le nombre le plus élevé étant celui de 364 enregistré le 21.12.2009.

Comme le Centre reste le seul centre dans la ville de Bujumbura à n’accueillir que des personnes qui s’estiment souffrir du paludisme, l’idéal serait qu’il y ait une dérogation spéciale pour que les réquisitions se fassent sans tenir compte de la régularité des rapports des autres structures de santé. C’est triste de devoir renvoyer des patients dont la goutte épaisse est positive en leur disant qu’il n’y a pas de médicaments, alors que la plupart de ces patients n’ont pas les moyens financiers de s’acheter les autres médicaments anti-paludiques se trouvant dans les pharmacies privées.

0.5. Conclusion.

A.LU.MA-Burundi exhorte ses partenaires à ne pas se lasser, car le chemin à parcourir reste encore long. Malgré les efforts fournis, le paludisme reste un des grands facteurs de la pauvreté à laquelle font face la plupart des personnes qui visitent le Centre. Des défis subsistent, mais il n’y a aucun doute qu’en conjuguant les efforts, nous arriverons un jour à réduire les méfaits du paludisme, et libérer ainsi des énergies pour un développement durable. 
Même si cela n’a pas pu se réaliser au cours de l’année 2009, A.LU.MA-Burundi souhaiterait initier une clinique mobile pouvant aider à réduire les distances faites par des patients qui viennent surtout des communes de Mutimbuzi, Isale, Mubimbi en province de Bujumbura.

Au niveau de la prévention, A.LU.MA-Burundi souhaiterait entreprendre une action de lutte anti-vectorielle par la pulvérisation intra-domiciliaire. Evidemment, cela suppose l’acquisition des pompes et des insecticides appropriés. Pour réussir cette activité, A.LU.MA-Burundi aura besoin d’un financement pour la formation des agents qui seront sollicités pour cette action.

Dans un premier temps, l’action ne concernerait que les 3 communes urbaines environnant le Centre anti-malaria, à savoir les communes de Kamenge, Kinama et Cibitoke.

Que le Dieu Tout Puissant bénisse toutes ces actions de solidarité internationale qui contribuent à sauver des vies humaines, surtout des enfants de moins de 5 ans qui constituent le groupe de gens le plus menacé par le paludisme.