Avant propos

L’Association sans but lucratif « Action de Lutte contre la Malaria », A.LU.MA-Burundi, fondée en 2001 et agréée par l’Ordonnance Ministérielle n°530/001 du 02.01.2002 a poursuivi sa mission qui consiste à contribuer à l’amélioration des conditions de vie par la lutte contre le paludisme, la maladie des pauvres et qui reste par conséquent la première cause de mortalité en Afrique sub-saharienne. Au Burundi, le paludisme est la première cause de morbidité et de mortalité. D’après les Services autorisés du Ministère de la Santé Publique, plus de 2 millions de cas cliniques sont notifiés chaque année ; ce qui représentent près de la moitié des motifs de consultations dans les structures de soins.

 Ses interventions cadrent bien avec les deux axes d’intervention reconnus par le protocole national de lutte contre le paludisme, à savoir la prévention et la prise en charge correcte des cas.

 

Au cours de cette année, et grâce aux appuis de ses partenaires habituels et nouveaux, A.LU.MA-Burundi a pu réaliser quelques activités qui s’inscrivent dans ces deux axes d’intervention. Et la plupart de ces activités ont été possibles grâce à des atouts réels du Centre anti-malaria.

En matière de prévention, l’Association a bénéficié d’un don de 21.253.500 Fbu de la part du Fonds Mondial de Lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme, don qui lui a permis d’organiser une campagne de sensibilisation des décideurs publics sur l’impérieuse nécessité de mettre en place un Programme National de Lutte contre le Paludisme par des spots et des panneaux publicitaires. Pour toucher un plus grand nombre de Burundi, A.LU.MA-Burundi a organisé une activité appelée « Prix au meilleur journaliste en matière de lutte contre le paludisme ». Des journalistes, que ce soit de la presse écrite, que ce soit des journalistes de la presse parlée, ils ont participé à cette compétition, et les meilleurs à avoir bien décrit l’ampleur du paludisme au Burundi, ainsi que de son incidence sur l’économie du pays ont obtenu des prix satisfaisants.

L’appui du Fonds Mondial a permis aussi d’organiser des ateliers de formation à l’intention des agents du Centre anti-malaria. Deux types de formation ont été organisés :

  •  formation à l’utilisation du microscope, avec l’idée de permettre à tout le personnel soignant du Centre d’être capable de diagnostiquer les cas de paludisme ;
  • formation à l’intention des prestataires de soins pour leur apprendre la meilleure façon de traiter correctement les cas, ce qui suppose une connaissance parfaite sur les méthodes de prévention, le cycle biologique du parasite vecteur du paludisme, le protocole national en matière de traitement, etc….

L’organisation de ces ateliers de formation a bénéficié d’un appui technique du Programme LMTC (Programme de Lutte contre les Maladies Transmissibles et Carentielles). Les financements de l’Ambassade de France et de l’ONUB ont permis au Centre de disposer d’une salle de réunion et un équipement suffisant (tables, chaises, matériel de sonorisation…) pour organiser des ateliers de formation sur place.

Pour que le Centre puisse fonctionner normalement, il a besoin des appuis de plusieurs ordres : soutien moral,  financier, matériel et technique. Le Centre a fonctionné donc grâce au dévouement des organisations et personnes physiques qui partagent la même conviction avec A.LU.MA-Burundi, que le Centre peut contribuer à l’amélioration des conditions de vie des personnes aux faibles revenus. Ainsi, l’œuvre du Centre anti-malaria St François d’Assise est un signe éloquent d’une authentique solidarité internationale et multiculturelle agissante.

En guise de remerciements, nous voudrions donc exprimer notre profonde gratitude à l’endroit :

  • de la Fondation Papale et du Nonce Apostolique au Burundi, Mgr Paul R. Gallagher, qui, en plus de quelques constructions, ont accepté, de manière exceptionnelle, de prendre en charge les salaires du personnel, et cela depuis l’ouverture du Centre en avril 2004. En plus de cet appui institutionnel, le Nonce Apostolique a fait au Centre un don qui a permis d’installer un réservoir d’eau de 10.000 m³, ce qui permet de disposer d’un stock d’eau pour divers usages (propreté et arrosage).
  • De l’Ambassade de France au Burundi, qui, par son financement a doté le Centre d’une infrastructure solide qui permet de garantir aux patients des meilleures conditions d’accueil. En plus des constructions et des équipements, l’Ambassade a financé le forage d’un puits d’eau. Ceci permet au Centre d’avoir  une autonomie en cette ressource rare et chère.
  • De la Direction Générale de l’Organisme allemand Action Medeor qui a soutenu l’Association A.LU.MA-Burundi depuis sa création en lui accordant des aides variées, en médicaments et en matériels d’équipement et qui continue à l’appuyer.
  • De toutes les personnes  qui ont accordé des sponsors à A.LU.MA-Burundi via le compte « médicaments » ouvert chez Action Medeor. Il s’agit articulièrement de Mme Céline Leurent et sa famille ( France),  les familles Antonia Horstmann et Sigi Ehlert, Hannelore et Walter Lappe, Messieurs Stephan Bruns et Stefan Verhasselt d’Allemagne. Ce compte permet à A.LU.MA-Burundi à faire des commandes directement chez Action Medeor pour des produits non disponibles sur le marché local, comme le paracétamol suppositoires très efficaces pour les bébés.
  • Du Fonds Mondial de Lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme pour son appui multiforme : matériels de laboratoire, médicaments (la molécule artésunate/amodiaquine), appui financier pour la réalisation de certaines activités.
  • Du Ministère de la Santé Publique qui associe A.LU.MA-Burundi dans ses  initiatives de lutte contre le paludisme en tant que partenaire.
  • De la Banque Interbank Burundi qui a soutenu ses actions par un don qui a permis d’acheter une pompe électrique nécessaire au fonctionnement du puits d’eau ;
  • De Monsieur Jiwani Shafiq, Directeur de Alsafa (import-export) qui fournit toutes les quantités du médicament Paracétamol cés 500 mg dont a besoin le Centre, et cela depuis Novembre 2005.
  • De la Communauté des Pères de Scheonstatt de Mont Sion Gikungu, pour son don en lait en poudre qui a été servi de temps en temps aux enfants visitant le Centre et qui ont des signes de malnutrition.
  • De la Famille Keicher et de la paroisse St Nicolas de Gundelsheim en Allemagne pour divers biens de service envoyés par container fin 2006. La vente de quelques articles a permis d’accueillir gratuitement les enfants de moins de 5 ans de décembre 2006 au mois de mai 2007. Au niveau logistique, le Centre utilise des vélos envoyés et non vendus à faire face aux problèmes de déplacement pour diverses raisons. Les nombreuses boîtes de savons en poudre reçues ont permis de maintenir les locaux du Centre dans une propreté satisfaisante. Quant au couvert de table, il sert lors des différents ateliers organisés au Centre, évitant ainsi de recourir à des services coûteux de location.
  • Des amis de Bonn et de Moenchengladbach (Allemagne) pour leur soutien moral et leurs services de traduction.
  • De l’ONG World Vision qui a accordé à A.LU.MA-Burundi un matériel varié utile au fonctionnement du Centre (gants, seringues, aiguilles, bandes stériles, etc…)

Que tous ceux qui ont aidé d’une façon ou d’une autre A.LU.MA-Burundi à réaliser ses objectifs trouvent ici l’expression de notre profonde gratitude. Chaque aide accordée sert à sauver une vie humaine, quand on sait que pour accéder aux soins de santé au Centre, une personne adulte doit donner une contribution de 400 Fbu, sauf pour les cas des indigents. Les enfants de moins de 5 ans contribuent à hauteur de 300 Fbu.

A.LU.MA-Burundi exhorte ses partenaires à ne pas se lasser, car le chemin à parcourir reste encore long. Malgré les efforts fournis, le paludisme reste un des grands facteurs de la pauvreté à laquelle font face la plupart des personnes qui visitent le Centre. Des défis subsistent, mais il n’y a aucun doute qu’en conjuguant les efforts, nous arriverons un jour à réduire les méfaits du paludisme, et libérer ainsi des énergies pour un développement durable. Parmi les contraintes majeures rencontrées par  le Centre sont : le manque d’un médecin pour la supervision technique de ses activités, d’un moyen de déplacement pour les différents services de transfert des cas graves vers les hôpitaux et d’approvisionnement, la pérennisation des salaires du personnel.

Aux décideurs politiques, A.LU.MA-Burundi  réitère le vœu de voir  un jour mis en place un Programme National de Lutte contre le Paludisme qui aura comme mission première de coordonner toutes les interventions visant l’éradication du paludisme au Burundi, autour des stratégies bien étudiées. Ceci rentre dans les engagements politiques pris par les Chefs d’Etat Africains  lors de la déclaration d’Abuja au Nigéria le 25 Avril 2000 d’appuyer les programmes de lutte contre le paludisme en vue d’atteindre effectivement les objectifs du millénaire.

Au cas où les moyens le permettraient, A.LU.MA-Burundi souhaiterait accueillir gratuitement les enfants de moins de 5 ans. C’est désolant qu’un enfant de moins de 5 ans meurt de la malaria pour n’avoir pas trouvé 300 Fbu. Les âmes de bonne volonté pourraient faire preuve de générosité en appuyant cette action en faveur de ces enfants qui constituent le premier groupe à risque. Avec un 1.000.000 Fbu ( environ 555 Euro), on peut sauver la vie à 3.333 enfants de moins de 5 ans. Le don de la Paroisse St Nicolas de Gundelsheim en Allemagne nous a permis de faire cette heureuse expérience. Nous avons constaté qu’il y a des parents qui n’arrivent pas à trouver les 300 Fbu et préfèrent garder les enfants à la maison ; et quand ils se décident à les amener, ils sont déjà mourants.

Que le Dieu Tout Puissant bénisse toutes ces actions de solidarité et de générosité qui contribuent à sauver des vies humaines.